Mes insomnies prenant des proportions hallucinantes, je passe la majeure partie de mes nuits à bouquiner . . .
Flash back . . .
Vingt-trois heures passées, j'opte pour le nouveau Vargas, mais, après une cinquantaine de pages, j'abandonne . . .
Je ne parviens pas à entrer dans ce roman, je suis pourtant un client assidu des œuvres de cet auteur (Auteuse ?) . . .
Les amateurs de Vargas, dont je fais partie, sont habitués aux situations et aux personnages pour le moins farfelus et étranges, ses intrigues sont, la plupart du temps, "tirées par les cheveux", chez elle, rien ni personne n'est "normal", c'est pour cela qu'on l'aime . . . c'est pour cela qu'on la lit . . .
La complexité de ses personnages, les intrigues plus ou moins solides, les extravagances qui parsèment ses pages sont sa signature, j'aime Fred Vargas et lorsque l'on accepte son univers, on est conquis . . .
Pas cette fois apparemment . . .
En ce qui concerne "Un lieu incertain" on peut, sans se tromper, affirmer que le titre de l'ouvrage n'est pas usurpé.
Des pieds coupés encore dans leurs chaussures. Des noms de famille commençant par « Plog » prétexte à une vengeance séculaire. Un meurtre abominable. Des personnages sortant tout droit du folklore des pays de l'Est. Une écriture incertaine, une atmosphère glauque, tout est mouvant mais pas émouvant . . . Du vent . . . Tout se mélange dans ma tête ou bourdonne la fatigue accumulée depuis plus de quarante ans.
Nous sommes en décembre, pour moi, c’est le mois de tous les dangers . . . C’est la crise. . . Et je suis commerçant . . . L’époque où Noël brille dans les yeux des enfants, l’époque où la ville resplendit, parée de ses éclairages multicolores, rivières de lumières poétiques, hymne au superflu . . . Et puis . . . Et puis . . .Les souvenirs des êtres aimés . . .
J’ai repris la lecture, dix pages . . . Sur ma table de chevet, un comprimé et un verre d’eau . . .
Je tourne une nouvelle page . . . Puis une autre, et une autre encore, je lis durant une heure, résistant à la tentation d’avaler cette petite mort qui me plongerait dans un sommeil factice, facile . . .
Le commissaire Adamsberg et ses acouphènes, le commissaire Adamsberg en grand danger de mort . . . Le silence n’est plus entrecoupé que par le froissement des pages que je tourne une à une avec une frénésie qui m’est inhabituelle, la frénésie d’en finir . . . Vite . . . Une dernière page . . . Enfin . . . Le mot Fin . . . Enfin . . .
Je l'ai enfin terminé . . .
Je repose le livre, je tends la main vers l’interrupteur, je sais que je ne dormirai pas cette nuit . . . Trop énervé . . . Trop fatigué . . . Epuisé et triste.
J’aime Fred Vargas, continuez à lire ses ouvrages, vous entrerez dans un univers baroque aux personnages hauts en couleur aux caractères profonds et sensibles et, si tout n’est pas crédible, cela fait partie du jeu.
Les intrigues insolites permettent aux héros de ses polars d’entrer plus profondément à l’intérieur des circonvolutions de nos cerveaux, de tenter d’expliquer l’inexplicable, de tutoyer nos âmes . . .
Soit, je n’ai pas aimé "Un lieu incertain", trop complexe pour moi, peut être, j’espère que Fred Vargas me pardonnera, je laisserai ici mes impressions sur nombre de ses romans que j’ai adoré, merci pour cela, ce n’est sans doute pas le roman qui est mauvais mais plutôt la rencontre entre l’auteur et son lecteur qui n’a pas fonctionné . . .
Depuis quelques jours, je dors mieux, je lis moins et . . . J’attends son prochain roman . . .
BiblioPhil